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Centre International de Recherche et de Développement de l'Haptonomie

CIRDH Frans VELDMAN    
9 bis Villa du Bel Air - 75012 Paris
HAPTONOMIE AUTHENTIQUE ®

Haptonomie prénatale

L'accompagnement prénatal

L’accompagnement prénatal n’est pas réductible à une seule préparation à l’accouchement.

C’est pourquoi il est aussi proposé aux femmes qui savent d’avance qu’elles auront une césarienne ou un accouchement très médicalisé. Il n’est pas assimilable à une technique, ni réductible à des « gestes ». Il est une préparation à l’accouchement, à la naissance et à l’accueil de l’enfant. L’enfant est accompagné, guidé et soutenu par son père et sa mère tout au long de sa vie dans le giron, et pendant tout le temps de sa naissance.

La mère découvre que grâce à la partie de son système nerveux qui est régie par l’affectivité (les voies sous-corticales), elle peut entrer en contact direct avec son enfant, de l’intérieur. Elle peut, sans même poser les mains sur son giron, aller activement à la rencontre de son enfant : elle lui donne ainsi, grâce à la détente que ce simple geste entraîne, toutes possibilités de répondre en s’approchant ou s’éloignant, en bougeant très doucement, en se balançant. En effet, les tonus du diaphragme et du périnée maternels sont très sensibles à l’état affectif de la mère : l’enfant en discerne les moindres changements et y réagit. Elle peut ainsi lui apporter du calme et de la sécurité, même dans les moments difficiles, pour elle comme pour lui. Elle se découvre capable de le protéger, ce qui est rassurant pour elle, pour l’enfant et pour le père. C’est pourquoi l’haptonomie peut apporter un soutien précieux lors des grossesses dites « à risque ». Et, d’une façon générale, pendant tous ces moments où les questions médicales et techniques font passer la relation affective au second plan, l’haptonomie peut procurer une aide très utile et concrète aux parents et à l’enfant.

À l’occasion de chaque rencontre avec l’accompagnant, les parents découvrent comment échanger avec leur enfant en mettant en œuvre le contact thymotactile affectivo-confirmant [1]. Celui-ci a pour effet de donner à la mère un sentiment de sécurité et de complétude. C’est un contact qui est plein de tendresse. Cet échange sollicite un engagement affectif de la part des deux parents. Il est très enrichissant pour le couple qui poursuit ce dialogue affectif à la maison, entre les séances chez l’haptothérapeute.
L’accompagnement est progressif : il est adapté aux phases de développement de la grossesse et aux événements qui la jalonnent. On montre au père les gestes qui lui permettront de donner du confort à sa compagne, malgré les changements de silhouette qu’entraîne le développement de l’enfant. Pour qu’il les comprenne vraiment, on lui propose de les sentir lui-même lors d’une séance spécifique.

Se rencontrer avant la naissance

Ainsi se crée une relation affective, légère et profonde à la fois, le plus souvent joyeuse, même dans les moments graves.
On s’aperçoit que, bien avant de naître, l’enfant guette tout ce qu’il peut percevoir comme un signe de connivence ou un appel à jouer, à se manifester...

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Il vient chercher le contact des mains si elles sont tendres, mais les fuit si elles sont trop lourdes ou déplaisent à sa mère. Très vite, il reconnaît les voix de ceux qui entourent sa mère et s’approche de celles qui lui conviennent. Cette reconnaissance des voix se fait d’abord, très précocement, par la perception des vibrations qu’elles provoquent dans son espace, sur sa peau et dans ses os. Vers le début du troisième trimestre, l’audition proprement dite se met en place et s’ajoute aux repères sensoriels déjà établis. La voix du père est très importante parce que, contrairement à celle de la mère qui vient toujours du même endroit, elle surgit à partir de lieux différents. Il en est de même pour celle des frères et sœurs. Après la naissance, la voix paternelle -déjà familière- se révèle très apaisante pour l’enfant, ce qui peut être essentiel si celui-ci doit être séparé de sa mère.

Dans des jeux très subtils, l’enfant se balance de différentes manières entre les mains de ses parents, mais très doucement et sans faire de galipettes, ce qui, comme certains le craignent, risquerait de provoquer des problèmes avec son cordon: l’haptonomie ne provoque pas de problèmes de cordon ! Ces mouvements qui évoquent des danses sont propres à chaque enfant et varient selon les moments. Eux-mêmes les proposent quand la mère est tranquille. À leur manière, les enfants font sentir à leurs parents qu’ils sont disposés à communiquer. Très vite, les mères sentent les rythmes de leur enfant, ses moments de disponibilité ou de retrait. Ainsi, quand l’accompagnement haptonomique est bien mené, il n’y a pas de risque de sur-stimulation de l’enfant ; on s’adapte à lui. Cela signifie qu’on ne le sollicite pas de l’extérieur quand il n’est pas disponible. Cette manière de l’inclure dans la vie affective, donne à l’enfant, très tôt avant sa naissance, le sentiment d’être accueilli et accepté tel qu’il est. Cette sécurité et ces invitations lui permettent de vivre des moments d’échanges dans la sécurité, essentiels pour l’épanouissement de soi et pour la maturation de toutes ses facultés sensorielles et intellectuelles. C’est ainsi que se fondera son autonomie, enracinée dans le dialogue affectif et la confiance en soi et en l’autre

Accoucher et naître

Ces deux événements se passent en même temps, mais sont vécus par deux personnes différentes chez lesquelles ils laisseront des traces différentes. Il faut toujours garder cela à l’esprit quand, plus tard, on veut comprendre les relations parents-enfants. La mère peut avoir vécu un bel accouchement pendant que son enfant vivait une naissance difficile et le père peut avoir eu très peur sans que sa compagne ne s’en rende compte. L’enfant, lui, sent tout. (Cf chapitre Accompagnement posnatal).

Bien qu’il ne soit pas réductible à une préparation à l’accouchement, l’accompagnement favorise une naissance naturelle et aide à l’accouchement. Il est aussi précieux lors des césariennes, en aidant la mère à rester en proximité intime avec son enfant et en gardant le sentiment qu’elle le met au monde, même si elle est aidée pour cela par une équipe médicale dont elle est l’alliée.

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Le lien affectif, grâce aux changements de tonus dus à la sollicitation des voies sous corticales, donne un sentiment de bien-être, d’entièreté, qui s’accompagne d’un tonus musculaire très spécifique – ferme et souple – et d’une laxité des ligaments propice à l’accouchement, même s’il est assisté par la technique obstétricale.
Cet état corporel n’est pas le résultat d’une technique ou d’exercices, il est l’effet de la relation affective sécurisante. La mère, prenant appui sur son sentiment maternel, dépasse ses limites habituelles grâce à la relation d’aide qu’elle offre à son enfant pour frayer activement son chemin vers la sortie du giron. Au lieu de pousser pour le chasser hors de soi, elle le guide, ouvre le chemin pour lui et l’accompagne. On ne naît qu’une fois et c’est un événement essentiel et fondateur. La mère, avec l’aide très précieuse du père, (ou du tiers) assiste l’enfant dans son cheminement, même quand elle souffre.

Le fait d’être centrée sur l’aide à l’enfant et non sur elle-même a des effets sur les tonus musculaire, comme nous l’avons dit, mais aussi sur les sécrétions hormonales d’endorphines naturelles. Tout cela amoindrit les douleurs et donne de la force pour mieux les supporter.
Après la naissance, une fois le placenta expulsé, on demande au père (ou au tiers), si l’état de santé de l’enfant le permet, de lui faire vivre sa première séparation d’avec sa mère, que l’haptonomie appelle "premier détachement" (Cf chapitre Accompagnement posnatal).

L’haptothérapeute doit tenir compte du lieu où la femme accouche : dans son accompagnement, il adapte ce qui concerne l’accouchement proprement dit aux pratiques de chaque maternité. Une femme peut mener un accouchement de manière haptonomique même dans un lieu où l’haptonomie n’est pas connue ; c’est plus ou moins difficile, mais cela se prépare.

La question de la péridurale

On entend parfois dire que l’accompagnement haptonomique est incompatible avec l’anesthésie péridurale, ce qui est faux.

Mais il est vrai que les patientes bien accompagnées en éprouvent moins souvent le besoin. L’anesthésie péridurale est un grand progrès qui permet aux femmes de ne pas terminer leur accouchement dans une souffrance allant au-delà de ce qu’elles peuvent supporter. Ce que dit l’haptonomie c’est que, pour diverses raisons concernant la mère et l’enfant, l’anesthésie n’est pas anodine.

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Nous essayons donc d’aider les femmes, avec leur compagnon, à vivre leur accouchement le mieux possible, en étant mobiles, en s’installant avec lui de manière confortable et sécurisante, et en s’appuyant sur leur sentiment maternel.

Et si elles arrivent au moment où elles ne peuvent plus supporter la douleur (la fatigue joue un rôle important dans ce domaine) nous leur conseillons de demander une péridurale sans se sentir coupables, ni en échec vis-à-vis de l’haptonomie ou d’elles-mêmes. Mais nous demandons alors aux deux parents de rester encore plus présents pour l’enfant, qui peut vivre la péridurale comme une distance mise entre sa mère et lui, car le dialogue des tonus s’en trouve modifié. La péridurale ne doit pas entraîner une perte d’intensité du lien, cela est tout à fait possible.

Haptonomie et autre approche

Il est inadapté d’associer l’haptonomie à des approches qui font appel à des exercices ou des apprentissages visant à modifier le tonus musculaire et la respiration, telles que le yoga, la sophrologie et toutes les techniques respiratoires.

Celles-ci, sollicitant principalement le néocortex, présentent un certain antagonisme avec l’haptonomie. L’association de ces approches entraverait donc l’effet libérateur de l’expression affective qui fait intervenir spécifiquement des centres nerveux sous-corticaux. Toute attention portée sur la respiration, sur une représentation imaginaire ou une visualisation de l’enfant fait obstacle à la relation affective avec celui-ci : on le sent tout au long de la grossesse. Et lors de l’accouchement, la mère se trouve prise au piège d’injonctions contradictoires qu’elle s’envoie à elle-même, ce qui complique la situation...

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C’est comme cela qu’il faut comprendre les raisons de ces exclusions afin de s’y tenir par respect pour les femmes. Il ne s’agit pas de mettre en rivalité différentes pratiques qui ont leurs propres mérites. Mieux vaut être rigoureux pour laisser à chaque approche la chance de donner le meilleur d’elle-même. Tous les mélanges ne sont pas possibles, même si l’idée est séduisante. Ce sont les particularités de notre système nerveux qui imposent cette rigueur...

On peut, en quelques minutes, faire sentir cela à la mère et au père. Si vous avez des doutes, demandez à rencontrer un haptothérapeute bien formé - en consultant les listes du CIRDH ou en faisant appel à des personnes informées - et demandez lui de vous faire sentir et comprendre les raisons de ce refus des mélanges.
Ceci implique que l’accompagnement haptonomique de la grossesse est exclusivement réservé à ceux qui le désirent. On ne peut ni ne doit jamais l’imposer. Cet engagement affectif des couples, cette nécessité de ne pas le mélanger avec une autre préparation à l’accouchement ne peuvent convenir à toutes et à tous. Il est important de respecter cela et de pouvoir en parler simplement avec l’accompagnant haptothérapeute.

Parfois ce sont des conditions dramatiques qui amènent des parents à s’engager dans un accompagnement, à la demande de leur obstétricien ou de leur psychothérapeute. Dans ce cas particulier, on voit des gens qui n’avaient aucun goût pour ce type d’approche y adhérer immédiatement, mais ce sont là des circonstances très particulières.
 

Quand les maternités proposent une préparation incluant la visite des lieux et de nombreuses informations précieuses sur leurs habitudes, nous encourageons les femmes à s’y inscrire (sauf s’il s’agit de sophrologie ou de yoga). Ces séances permettent aux parents de faire connaissance avec les personnels et les lieux et nous permettent de leur faire sentir les compatibilités ou incompatibilités entre les différentes approches. Faire sentir est toujours plus efficace qu’expliquer. Et il n’est bon pour personne que les femmes arrivent dans des lieux qui leur sont étrangers. Cela constitue aussi pour l’haptothérapeute des informations qui permettent d’orienter son travail sur l’accouchement proprement dit.

Quand il n'y a pas de couple parental

Il a déjà été précisé que cet accompagnement est en principe réservé aux deux parents et à leur enfant.

Si l’un des deux parents ne souhaite pas y participer, il ne doit en aucun cas y être contraint. Chacun a ses raisons : celles-ci sont toujours à respecter même s’il ne veut ou ne peut pas les exprimer. Ces raisons ne sont pas toujours conscientes même quand elles semblent s’appuyer sur des raisonnements logiques bien étayés.

Lorsque c’est la mère qui ne souhaite pas, la situation est très simple puisque sans son adhésion, on ne peut rien faire. Parfois c’est son lien fort avec son professeur de yoga ou son sophrologue qui la freine et cela aussi doit absolument être respecté. 

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Si un père ne souhaite pas s’engager dans un accompagnement haptonomique, il est impossible de le faire sans lui, même avec son accord. En effet, cela supposerait que quelqu’un puisse s’approcher dans la « proxintimité » haptonomique de sa femme et de son enfant, le remplace en quelque sorte et sache mieux que lui ce qui est bon pour sa femme et son enfant. Cela n’est pas envisageable et risquerait de poser un problème un jour ou l’autre dans la triade, soit entre les adultes, soit entre l’enfant et un des parents, de manière imprévisible, mais potentiellement très dommageable.
Il faut alors aider le couple à vivre ce refus. Soutenir le père dans son droit de repousser l’offre tout en lui proposant de faire, s’il le désire, une séance d’essai. Ce refus repose souvent sur des idées fausses et l’épreuve de réalité remet les choses en place. On voit fréquemment des pères, qui étaient très réticents au départ, se transformer en prosélytes enthousiastes.
Quand ce n’est pas le cas, la mère doit être aidée à renoncer à l’haptonomie - pour cette grossesse-là au moins- sans jugement négatif sur son compagnon ni amertume. La bonne harmonie dans le couple parental est plus importante que l’haptonomie !

Le tiers

Quand le père est définitivement parti ou si la mère est seule, on invite celle-ci à choisir une personne proche qui partagera avec elle et son enfant le cheminement de la grossesse et l’accueil de ce dernier.

Sans remplacer aucunement le père, toujours présent dans l’enfant, ce tiers (le plus souvent il s’agit d’une autre femme) les aidera, elle et son enfant, lors de la grossesse et de la naissance, afin que l’accent ne soit pas mis exclusivement sur la dyade mère /enfant.
En effet, trop renforcer la relation à deux serait potentiellement étouffant pour l’enfant et sa mère. Le père ou le tiers permet que la relation affective forte qui se développe entre l’enfant et sa mère ne soit pas fusionnelle. Par ailleurs, il est très important que les rencontres affectives se poursuivent entre les séances, que la mère soit aidée à avoir plus de confort malgré les modifications de sa silhouette.

Tout cela suppose la présence d’un tiers, même si ce n’est pas le père. Un enfant a toujours besoin de sentir qu’il y a un ou des autres autour de sa mère.