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Centre International de Recherche et de Développement de l'Haptonomie

CIRDH Frans VELDMAN    
9 bis Villa du Bel Air - 75012 Paris
HAPTONOMIE AUTHENTIQUE ®

Haptonomie postnatale

Accompagnement postnatal

Nous nous devons d’insister sur le fait que l’accompagnement de la relation affective entre l’enfant et ses parents ne s’interrompt pas à l’instant de la naissance.

Un accompagnement prénatal doit absolument être poursuivi après cet évènement et ce, jusqu’à la marche acquise. Ne pas le faire constitue une privation pour l’enfant, et risque d’entraîner des difficultés relationnelles dues au développement particulier des enfants bien accompagnés.
L’enfant bien accompagné en période prénatale a une attente et il lui est très difficile de vivre une rupture du mode de relation affective qu’il a connu dans le giron de la mère. Il est aussi très à l’affût de relations et de dialogues. Au moment où il doit faire un effort d’adaptation énorme à un monde où tout est nouveau pour lui, l’absence d’accompagnement postnatal induirait une frustration préjudiciable pour lui.
Or, la manière de porter un enfant a valeur de langage implicite. On peut lui donner sécurité et par là même un sentiment d’autonomie même lorsque, tout juste né, il découvre la dépendance. À l’inverse, on peut donner de l’insécurité et fabriquer de la dépendance. Si on porte un bébé comme un paquet, il se comporte comme un paquet et il se vit comme un paquet.
C’est pour cela que la dernière séance prénatale se fait avec des poupées : cela aide les parents à se sensibiliser à la manière haptonomique de porter un enfant.

Pour la mère

Très vite après son accouchement, une séance spécifique lui est proposée.

En effet, même après un accouchement qui s’est bien passé, la femme doit retrouver tout à la fois : un sentiment de sécurité dans sa base (contenu du bassin), un sentiment de complétude et sa sécurité interne face à une situation totalement nouvelle (chaque naissance est singulière et chaque enfant est différent).
Elle peut ainsi retrouver plus vite son « être femme » dans une période où l’accent est souvent trop mis sur la mère, ce qui peut être piégeant pour elle et pour son couple. Cette séance est une grande aide pour les femmes qui sont aux prises avec le baby blues....

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Un tel accompagnement de la mère peut aussi être préventif d’une dépression postnatale. Le contact thymotacile restaure la base de la mère et le dialogue qui l’accompagne lui permet d’évoquer toutes les facettes de ce qu’elle a vécu pendant et après son accouchement. Il la restaure dans son être femme, et pas seulement mère.
En milieu hospitalier, les sages-femmes formées à l’haptonomie proposent cette séance lors des suites de couches. Elle est tout particulièrement importante après une césarienne ou un accouchement médicalisé.
Cette séance se fait en général en présence du père et de l’enfant et se termine le plus souvent en mettant l’enfant sur le giron maternel. Mais certaines femmes souhaitent la vivre seule et cela doit être proposé et respecté. Il faut parfois la répéter, seule ou avec l’enfant et le père. L’haptothérapeute est à l’écoute des besoins de la mère, de l’enfant et du père et dans ce moment si particulier et si intense de leur vie, il s’adapte à la situation.

Pour l'enfant

La manière dont on porte un enfant est une façon de lui signifier beaucoup de choses, le port est un langage et l’enfant est extrêmement sensible à la cohérence entre ce qui est signifié avec les gestes et ce qui est dit avec les mots.

Par ailleurs, l’haptonomie accorde une très grande importance à la verticalité. Ou plutôt, au sentiment de la verticalité, procuré même à un enfant couché, quand on lui donne à sentir la dynamique qui va de son sacrum (sa base) à sa tête. L’éprouvé de cet axe est essentiel pour son développement. Par le soutien de base – port sécurisant – l’enfant prend conscience de sa corporalité et développe un état de sécurité de base dans ce monde où beaucoup de choses nouvelles et de sensations fortes arrivent en rafales. Le sentiment de continuité, le fait de retrouver les repères d’avant la naissance, sont une grande aide pour l’enfant qui entre dans un monde où ses besoins viennent scander un temps, qui, avant sa naissance, se déroulait dans une continuité accompagnée par des événements extérieurs un peu lointains...

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Naître, c’est perdre de l’autonomie et découvrir la dépendance vis-à-vis des adultes. Autour des soins, se nouent des moments de rencontre affective dont l’enfant a besoin tout autant que de lait ou de propreté. La construction de l’identité est une affaire de mots et de gestes mêlés, et de sécurité affective. Les premiers jours de vie et les premières semaines sont essentiels pour l’enracinement de l’identité. Ce qui se vit là a des effets au très long cours sur la personnalité.
La manière haptonomique d’accueillir l’enfant dès sa naissance a pour but de lui donner, à chaque étape de son développement et en fonction des circonstances, un sentiment de sécurité qui lui apporte le sentiment de son autonomie, qu’il renforce. Même si celle-ci est encore relative, le sentiment qu’il en a est essentiel. Ainsi, la sécurité de base acquise lors de la vie prénatale continue à se développer, elle deviendra plus tard le fondement de la sûreté de soi.
Lors de chaque rencontre, l’haptothérapeute sera finement à l’écoute des difficultés de chaque membre de la triade, ainsi que d’éventuels soucis avec les enfants aînés. Tout n’est pas facile pour le père, la mère, leur couple et l’enfant dans ces premiers mois de vie aérienne qui les bouleversent et modifient tous les rapports. Surtout pour un premier bébé.

Au cours de la première année, un enfant évolue énormément, c’est pourquoi la manière de le porter et de s’occuper de lui doit s’adapter à son développement.

Déroulement des séances

Les séances se situent à des moments essentiels :

  • Naissance et suites de couches, pour aider chacun à prendre sa place et à favoriser l’allaitement si la mère le désire
  • Entre 3 mois1/2 et 4 mois parce que, à l'issue d'un premier cycle de développement de l'enfant, son cerveau se modifie beaucoup. Au cours de cette période, l’enfant s’ouvre au monde, et ses besoins évoluent. Il faut s’y adapter et s’adapter aussi au changement de mode de vie si la mère a repris son travail.
  • 9 mois, premier anniversaire, mais cela peut être plus tôt. 12 mois c’est l’anniversaire dans le calendrier des grandes personnes. Mais dans le calendrier intime de l’enfant, les neufs premiers mois de la vie sont émaillés d’anniversaires, d’événements bons ou mauvais qui ont marqué sa vie prénatale. Les dates où il y a eu des difficultés peuvent faire écho et il convient alors d’aider les parents et l’enfant dans ces moments-là.
  • La dernière séance de l’accompagnement se situe un mois ou deux après l’acquisition de la marche, lorsque l’enfant étend de lui-même son espace. C’est un événement considérable pour lui et par conséquent, pour les adultes qui l’entourent. Les bébés bien accompagnés sont des nourrissons très faciles à vivre, souriants, confiants, pleurant très peu (s’ils le font, il faut retourner voir son accompagnant). Mais, quand ils se mettent à marcher, leur joie de vivre, leur confiance en eux et en l’autre, leur énergie et leur dynamisme pourraient les amener à prendre trop de pouvoir sur des parents encore fascinés par le bébé qu’ils ont connu depuis sa naissance. Les enfants bien accompagnés doivent être contenus avec une fermeté éclairée par l’affectivité. Lors de cette séance, on confirme les observations faites depuis la naissance et on cherche à comprendre les facettes de la personnalité résultant de cette situation nouvelle.

L’enfant va entrer peu à peu dans une phase d’opposition, saine et nécessaire, mais alors, une grande sécurité intérieure peut le rendre trop dominant, impérieux, ce qui risque de déstabiliser les parents. On les aide à observer l’enfant, ses réactions et les leurs, afin de les guider dans cette nouvelle phase où l’éducation est essentielle. Il s’agit de contenir fermement l’enfant tout en le respectant, sans rivalité entre les parents, sans se laisser déborder par l’affirmation de soi, puissante chez un petit qui est tout à fait en sécurité...

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Certains enfants traversent cette période sans aucun problème. Mais il faut préparer les parents à ces changements importants, les aider à comprendre les enjeux et à donner un cadre. Une bonne confrontation, si elle est respectueuse de la personne de l’enfant, est une confirmation affective. On « cadre » mieux un enfant si on comprend sa personnalité et si on ne se laisse pas entraîner dans un face à face d’égal à égal. Plus un enfant est intelligent et bien dans sa peau, plus, dans cette période-là, il aura tendance à chercher à se mettre sur un pied d’égalité avec ses parents. Lors de cette dernière séance, on fait découvrir à l’enfant et à ses parents l’importance du fait d’être de valeur égale dans l’absolu, sans se situer dans des rapports de symétrie. Les parents doivent rester des parents.

N.B Certains haptothérapeutes ne souhaitent pas mener le travail post-natal jusqu’à cette séance-là. Il faut en parler dès le début de l’accompagnement et chercher avec eux la personne qui prendra le relais.

En pratique

Quatre rencontres postnatales (ou plus) sont souhaitables.
Ici encore, chaque rencontre est adaptée au stade de développement de l’enfant :
 
  • La première a lieu, au mieux, dans les deux premières semaines après la naissance.
  • La seconde entre 3 mois et demi et 4 mois,
  • La troisième autour du véritable anniversaire de naissance du point de vue de l’enfant (anniversaire de son temps de vie dans le giron, soit 8 à 9 mois), surtout si la naissance a été difficile. L’anniversaire à 12 mois correspond au point de vue des parents qui ont intégré le calendrier.
  • La quatrième séance, au moment où l’enfant est installé dans sa marche.
 
Ces séances sont indispensables car les enfants bien accompagnés sont faciles et agréables à vivre, mais très autonomes. Quand ils doivent traverser la période normale d’opposition et de recherche des limites, ils le font avec une très grande confiance en eux et en leurs parents, aussi doivent-ils être guidés et contenus avec affection mais aussi fermeté.
Cependant, à la demande des parents, si le moindre problème survient dans la famille, on peut ajouter autant de séances que l’on veut. Plus tard, il est aussi possible de revoir l’haptothérapeute pour parler des difficultés qui peuvent survenir. En effet, l’expérience des enfants bien accompagnés et le vécu du travail lors de la grossesse et des premiers mois, lui permettront d’apporter un éclairage très utile. Il n’est d’ailleurs pas rare que ce soient les enfants qui vers 3, 4, ou 6 ans, voire à l’adolescence, demandent à revoir la personne qui les a accompagnés dans leur début de vie, dont ils gardent le souvenir.